Motel agricole: La Parcelle des possibles est prête à accueillir les projets de la relève!
L’Avant-Champ facilite l’accès à la terre pour la relève grâce à son motel agricole, une étendue de plus de 14 hectares de terres fertiles, qu’on nomme la Parcelle des possibles. Vous rêvez d’implanter un projet agroécologique quelque part où il sera possible de s’enraciner à long terme? Venez trouverez votre place chez-nous!
Vous avez un projet agroécologique? Prenez-votre place à l'Avant-Champ!
Vous rêvez de développer votre entreprise agricole dans un lieu où la collaboration, l’innovation et l’agroécologie sont au cœur de chaque action ? L’Avant-Champ souhaite accueillir de nouveaux projets sur sa Parcelle des possibles, un motel agricole accueillant et fertile qui s'étale sur la terre protégée à perpétuité par la Fiducie agroécologique de Boisbriand.
Ici, vous ne serez pas seul.e : vous ferez partie d’une communauté engagée qui partage ses savoir-faire, ses ressources et sa passion pour des systèmes alimentaires durables et résilients. Avec 14 hectares de superficie cultivable, des infrastructures partagées et un réseau d’accompagnement solide, nous offrons un environnement propice à la réussite et à la croissance.
En vous installant à L’Avant-Champ, vous bénéficierez :
D’un accès à la terre abordable (450$ le 1/2 ha*, par année);
De la mutualisation des ressources et des équipements;
D’un accompagnement sur mesure par nos partenaires;
D’un environnement collaboratif et stimulant.
L’Avant-Champ est un projet en développement et en constante évolution, façonné par celles et ceux qui y participent. En vous joignant à nous, vous contribuez à bâtir un lieu qui reflète vos besoins, vos idées et vos ambitions.
👉POUR DÉPOSER UN PROJET : C'EST ICI!👈
* Chaque projet étant unique, les coûts d'occupation sont calculés au prorata de la superficie et de l'utilisation des services partagés. Une approche simple et équitable, adaptée à vos besoins. Contactez-nous pour en discuter!
L’Avant-Champ devient ambassadeur de la campagne S’ENRICHIR COLLECTIVEMENT
L'Avant-Champ devient fier ambassadeur de la campagne S’ENRICHIR COLLECTIVEMENT ! Faire les choses autrement et créer de la richesse durable pour notre région, c’est l’engagement de nos entreprises, organisations et citoyen·nes, bref de tout l’écosystème de l’économie sociale !
Une campagne de rayonnement pour les entreprises en économie sociale!
Dans le cadre du mois de l’économie sociale, l’Avant-Champ devient le fier ambassadeur de la campagne « S’ENRICHIR COLLECTIVEMENT ». Parce qu’en économie sociale, on fait les affaires autrement !
Les entreprises d’économie sociale, c’est la force de l’innovation, de la solidarité et du dynamisme entrepreneurial dans notre territoire. Elles créent de la valeur et de la richesse qui profitent à toutes nos collectivités.
Cette campagne se déroulera prioritairement sur nos réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Linked In) Restez à l’affût ! Nous vous invitons à promouvoir cette initiative en partageant à votre tour le contenu qui sera diffusé.
« S’ENRICHIR COLLECTIVEMENT », une campagne portée par le Service de développement économique de la MRC de Thérèse-De Blainville et Économie sociale Laurentides qui mettra en lumière tour à tour le travail inestimable de nos co-ambasssadeurs:
1-Odyscène – 40 ans de culture vivante
Véritable pilier culturel, Odyscène œuvre depuis quatre décennies à favoriser l’accès de tous aux arts vivants. Grâce au Théâtre Lionel-Groulx et au Cabaret BMO Sainte-Thérèse, l’organisme présente plus de 300 spectacles annuellement et rejoint 120 000 spectateurs, générant plus de 13 millions $ de retombées économiques. Lauréat du titre de Diffuseur de l’année aux Prix RIDEAU 2025, Odyscène se démarque par sa passion et son engagement à faire rayonner la culture comme moteur de cohésion sociale et de fierté régionale.
2-Recyc-Dons - Réutilisation, inclusion, transformation
Chaque année, Recyc-Dons détourne plus de 300 tonnes de matières des sites d’enfouissement et redonne vie à plus de 230 000 articles à prix abordables. Au-delà de son rôle environnemental, l’organisme favorise l’inclusion sociale en intégrant des personnes vivant diverses réalités. Par son approche circulaire et solidaire, Recyc-Dons démontre qu’économie et écologie peuvent aller de pair, tout en renforçant le tissu social local.
3-MicroEntreprendre Basses-Laurentides – Le pouvoir du microcrédit
Depuis 25 ans, MicroEntreprendre Basses-Laurentides est un acteur clé de l’innovation et du soutien à l’entrepreneuriat, contribuant activement au développement économique et social du Québec. Le microcrédit constitue le premier échelon des mécanismes de financement solidaire, offrant une porte d’entrée essentielle aux entrepreneurs qui n’ont pas accès, ou qui ont un accès limité, aux sources de financement traditionnelles. À ce jour, plus de 2 M$ ont été prêtés sur le territoire.
4-TVBL – La voix des Basses-Laurentides
Depuis 35 ans, TVBL, la télévision communautaire régionale, reflète la diversité et la vitalité des citoyens. Média de proximité, elle valorise la vie locale et met en lumière les initiatives qui façonnent la région. Chaque saison, une équipe d’une quinzaine de passionnés produit plus de 5 000 heures de programmation, donnant la parole à plus d’une vingtaine d’invités par semaine. Véritable catalyseur de lien social, TVBL contribue à informer, rassembler et inspirer la communauté.
Phytopaysage - Jérémy Bordages
Rencontrez notre Jérémy Bordage, membre-locataire de la Parcelle des possibles et fondateur de Phytopaysage, une entreprise horticole dédiée à la culture de plantes indigènes.
L'adresse de la nature
Sur le perron de l’Avant-Champ, Jérémy Bordage parle du paysage comme d’un être vivant qu’il faut d’abord comprendre avant d’espérer pouvoir le façonner. Fondateur de Phytopaysage, une entreprise dédiée à la production écologique de plantes indigènes, il conçoit chaque aménagement non pas comme la somme de ses parties distinctes mais plutôt comme un tout unifié.
Il travaille avec des clients provenant de plusieurs secteurs (institutions gouvernementales, particuliers, pépinières commerciales, groupes environnementaux, municipalités, et institutions scolaires) qui l’invitent à venir travailler sur des projets d’aménagement en tant que consultant ou producteur. Peu importe le projet, son approche et sa philosophie demeurent la même :
Pour moi, chaque projet doit d’abord débuter avec l'écoute attentive de ce que la nature a à dire. C’est elle qui nous guide et c’est l’expression de ses mécanismes, de sa logique que j’amplifie dans mon travail.
Animé d’un esprit scientifique vif, Jérémy est aussi peintre depuis plusieurs années. Il transpose dans son métier ce regard hybride, curieux, aiguisé et cette disposition sensible à accueillir le monde. Il s’outille de ses observations comme un artiste de ses pinceaux et construit ses aménagements en toute connaissance de la réalité biologique des plantes qu’il emploie. Il s'inspire de la nature qui « ne fait jamais d’erreur », comme le lui rappelle fréquemment sa professeure de peinture, pour équilibrer les tableaux vivants qu’il crée.
Forgée par cette double perspective, l’entreprise Phytopaysage se distingue en proposant des solutions concrètes pour réconcilier esthétique, fonctionnalité et biodiversité au bénéfice de tous. Jérémy renchérit : « La nature, il faut travailler avec elle et comprendre ses grandes règles. On ne peut pas se battre contre elle. C’est pourquoi la production de plantes indigènes est au coeur de mon projet. »
La naissance d’une vocation
Son amour pour la flore locale s’est révélé au fil de ses expériences scolaires et professionnelles, comme une destination inévitable.
Enfant, je voulais être fleuriste, se souvient Jérémy. Ensuite, botaniste. Puis à l‘université, biologiste, mais je n’avais pas les notes... J’ai gradué en 2012 à l’UdeM en Architecture de paysage. Je suis ensuite allé au HEC en Création d’entreprise et en Comptabilité; je rêvais d’une pépinière ou on réconcilierait faire et penser.
Fort de ses acquis théoriques, il a ensuite travaillé dans le milieu horticole en constatant de près l’incohérence de certaines pratiques conventionnelles et leurs effets délétères sur la santé des écosystèmes.
À force de travailler sur le terrain, de devoir répondre aux exigences souvent bien intentionnées mais mal avisées de la clientèle, j’ai voulu bâtir un modèle plus cohérent, où chaque geste d’aménagement devient un geste de réparation. Pour qu’on aiguille la nature sainement au lieu de la brider et la contraindre à correspondre à ce qu’on voudrait qu’elle soit. Créer un aménagement, ce n’est pas seulement dessiner un plan, dit-il. C’est donner naissance à un lieu où la vie s’organise harmonieusement.
Au centre du travail de Jérémy réside donc cette compréhension holistique du monde où, pour emprunter une expression parfois galvaudée, tout est en tout. Pour lui, le paysage est donc une histoire relationnelle.
Gardiennes de la mémoire
De tous les points de vue, travailler avec les plantes indigènes, c’est un peu, selon Jérémy, bonifier son coffre à outils. Il se plaît à appuyer la métaphore du peintre qui enrichit sa palette de nouvelles couleurs et de nuances oubliées. En intégrant des espèces locales au profit des variétés horticoles conventionnelles perçues à tort comme plus « faciles » à travailler, on décloisonne tout un pan de l’arc-en-ciel.
Il ajoute, passionné :
Les plantes indigènes sont encore mal connues. Les gens pensent souvent qu’elles sont « sauvages » ou difficiles à gérer. Pourtant, elles sont parfaitement adaptées et demandent très peu d’entretien. En plus, d’un point de vue écologique, elles ne sont pas seulement esthétiques, elles portent la mémoire de notre écosystème. Elles évoluent avec lui, nourrissent les pollinisateurs, stabilisent les sols et renforcent la résilience du paysage face aux changements climatiques, aux maladies, aux ravageurs et j’en passe. Aussi, elles participent à la lutte contre les espèces invasives, dont l’introduction est parfois même due à l’industrie horticole. On pense au fusain ailé par exemple...
C’est surtout en pensant à l’avenir que Jérémy s’efforce de préserver le bagage génétique des plantes indigènes. Elles portent en germe des solutions aux défis environnementaux qui pointent le bout de leur nez et avec lesquels nous devrons composer. D’ailleurs, quand il n’est pas au champ, penché sur ses caissettes de semis et de plantules, on peut croiser Jérémy dans la région, arpentant les friches et flânant le long des routes à la recherche de semences. « Je suis toujours dans les fossés en train d’arracher des hautes herbes, dit-il en riant. »
Semer le savoir
Par la production de capsules vidéo sur ses réseaux, d’ateliers et de conférences dans toutes sortes de milieux, Jérémy souhaite partager sa passion et contribue, en quelque sorte, à reformater le regard des gens. En révélant et en mettant en valeur toute la beauté des plantes indigènes, il oeuvre à transformer leur perception et éventuellement à stimuler leur appréciation. « C’est un phénomène de domino assez simple; plus les gens apprivoisent quelque chose, plus ils trouvent ça beau et plus ils s’y attachent. C’est comme ça qu’ils finissent par vouloir le protéger. »
Son approche pédagogique repose sur l’expérience directe : toucher, observer, comprendre, de la tête à la racine.
Dans mes ateliers, je voudrais parler de la plante comme d’un être vivant, pas d’un élément de décor. Ça semble de base dit comme ça mais on est de nos jours vraiment déconnecté du vivant. On doit réapprendre les bases. Quand les gens réalisent ça, leur regard change et souvent, leurs pratiques aussi...
Jérémy, qui est lui-même père de deux enfants, souhaite intéresser la jeune génération à l’immense valeur écologique des plantes indigènes le plus tôt possible. Il remarque que c’est souvent par le truchement du beau, que la curiosité s’aiguise et que le contact se crée.
Le beau c’est souvent le premier point de contact avec le vivant. Celui qui provoque de l’adhésion. Et pour reconnaître la beauté, il faut comprendre ce que l’on rencontre, d’où ma volonté d’enseigner tout ça de la façon la plus limpide et ludique possible. J’ai l’impression de me répéter, mais c’est ça, tout ça est très cyclique, je n’y peux rien, affirme-t-il, tout sourire.
Pousser ensemble
Arrivé à l’Avant-Champ en 2024, c’est seulement l’année suivante que Jérémy a constaté tout le potentiel contenu sur la Parcelle des possibles.
Le site est vraiment enchanteur, notre gestionnaire est formidable, on est très chanceux de pouvoir compter sur elle, mais c'est vraiment dans la présence des autres et la possibilité de collaborer avec eux que je mesure toute ma chance.
Jérémy a notamment établi un lien d’affaires très intéressant avec Fouad Belabbas des Jardins Belaflore, avec qui il développe un programme de culture florale indigène. Ensemble, ils explorent la richesse des espèces locales pour créer des bouquets ornementaux qui parlent d’ici. « Travailler avec Fouad, c’est inspirant. On s’apprend mutuellement. On veut montrer que les cultivars québécois sont non seulement beaux mais qu’ils peuvent aussi être au cœur d’une économie durable. »
Cette complicité naissante fait écho aux valeurs de Jérémy : tout est lié et rien ne pousse seul. À l’Avant-Champ, il prend racine au sein d’une communauté ou la mutualisation des savoirs et des ressources nourrit l’écosystème, littéralement. « J’ai très hâte d’avoir d’autres voisins, histoire de découvrir ce qu’on pourrait créer ensemble, dit-il, plein d’espoir. »
Tendre l'oreille
Jérémy pose un regard à la fois poétique et lucide sur un monde en plein changement. Avec Phytopaysage, il nous invite radicalement à renouer avec la nature, dont nous faisons partie, et à construire des paysages où la biodiversité et l’humain cohabitent en équilibre. Ce n’est pas une mince tâche de réactiver la conscience de cette connexion perdue mais Jérémy s’avoue sûr de se trouver au bon endroit. « Je ne vois pas ce que je ferais d’autre avec mon temps sur terre. Je ne veux pas être glauque mais je crois que c’est l’ultime épreuve à franchir; se rappeler au tout. Il en va de notre survie.
Le travail essentiel de Jérémy, à la croisée de l’art, de la science et de l’écologie, témoigne d’une conviction profonde que partage L’Avant-Champ : la nature n’a pas besoin d’être domptée, mais comprise et accompagnée. Elle porte très souvent la réponse aux questions qui nous assaillent. Il ne nous reste plus qu'à tendre l’oreille. Car comme le dit Jérémy, convaincu : « Quand on prend le temps d’écouter le paysage, il finit toujours par nous répondre. »
Les jardins Belaflore - Fouad Belabbas
Rencontrez Fouad Belabbas, membre-locataire de la Parcelle des possibles et fondateur des Jardins Belaflore, une ferme florale spécialisée en fleurs coupées cultivées consciemment, dans le respect des processus naturels.
Connaitre pour mieux cultiver
Fouad Belabbas est une des premières personnes qui s’est vu offrir un terrain à l’Avant-Champ, en 2023. Fondateur de la ferme florale Les jardins Belaflore, c’est un entrepreneur sérieux et dédié, un interlocuteur sensible, voire sage, en dépit de son jeune âge.
À l’approche de la trentaine, il peut compter sur les leçons apprises au fil de ses expériences pour mener son projet d’une main sure, tout en soulignant qu’il est un perpétuel apprenant, curieux et à l’écoute de la terre qui lui parle et d’où il puise son engouement. Pour Fouad, cultiver le sol, c’est d’abord comprendre l’écosystème global avec lequel il entre en dialogue. L’absence d’intrants chimiques, le respect de la biodiversité et l’élimination quasi totale du plastique ne sont que quelques-unes des approches privilégiées dans ses pratiques agroécologiques.
Jeune pousse
Comme beaucoup de gens désireux de s’établir en agriculture, le parcours de Fouad est parsemé de défis qu’il relève un à un, grâce à la solidarité et la générosité des gens dont il fait la rencontre en chemin.
Après avoir obtenu un DEC en gestion d’entreprise agricole au Collège Lionel Groulx, il a complété un certificat en technologie et innocuité des aliments, à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Pour mettre en application son savoir académique, Fouad a ensuite travaillé dans plusieurs fermes maraîchères, dont la ferme Entre ciel et terre à Sainte-Anne-des-Plaines, où il a pu expérimenter avec une version embryonnaire du projet qui s’enracine désormais à l’Avant-Champ. Il souligne avoir énormément appris de son passage chez Vincent Guénette et Léanne Larocque-Bordeleau. Il en parle avec reconnaissance :
Mon expérience en tant que producteur de la relève non apparenté, est particulière. Je ne suis pas l’héritier d’une ferme familiale et l’accès à la terre constitue déjà un enjeu majeur. Pouvoir m’associer à des projets déjà établis en complémentarité avec l’offre existante est un avantage significatif. Aussi mais surtout, intégrer les rangs d’une communauté est essentiel, au plan logistique autant qu’humain. Tu ne peux pas débarquer dans un champ et faire ce que tu veux sans infrastructure. Trouver un lieu où les ressources comme l’accès à l’eau, à de la machinerie, aux espaces d’entreposage et de transformation existent déjà, ça vaut de l’or.
Lors de sa première saison à l’Avant-Champ, alors que l’organisme venait à peine d’être constitué et entamait le défrichement de la parcelle des possibles sur la terre de la Fiducie agroécologique de Boisbriand (FAB) et que l’accès aux ressources sur le terrain était difficile, Fouad a pu compter sur Carmen, voisine et propriétaire de la ferme SADRILOU, pour héberger ses semis dans sa serre chauffée. L’espace alloué a vite débordé et il a traversé une partie de sa production dans la serre du Potager Engagé, qui lui est installé à l’avant de notre parcelle. Fouad ajoute:
Ça a littéralement sauvé ma saison! L’accès à une serre chauffée permet de cultiver des variétés qui ne tolèrent pas les nuits froides. Les célosies, les dahlias, les zinnias auraient été perdus sans l’aide de nos voisins et amis. Perdre un plateau de semis, c’est renoncer à une récolte abondante et ultimement, à des revenus essentiels à la survie d’une jeune ferme florale.
Valoriser sa vraie nature
Le producteur s’exprime ensuite sur sa collaboration avec son voisin, le propriétaire de l'entreprise Phytopaysage Jérémy Bordage:
« Avec Jérémy on essaie de mettre sur pied un programme de culture florale indigène. C’est un expert en la matière. J’apprends énormément de lui », poursuit-il. « Pour la biodiversité, donc le bénéfice de tous, avoir une ferme de fleurs coupées qui multiplie et entretient des variétés indigènes adaptées à notre climat, ça vaut de l’or. » Fouad continue en célébrant l’abondance des verges d’or et des carottes sauvages qui poussent dans les prés avoisinant son lopin. Il se dit fier d’en intégrer librement à ses superbes bouquets. À ce sujet, il renchérit :
En revalorisant les fleurs des champs et les variétés locales, en les intégrant à des bouquets composés de fleurs perçues comme plus “nobles” , on modifie progressivement le regard que les gens portent sur notre patrimoine naturel. D’ailleurs, je crois que beaucoup de gens ignorent qu’on cultive des fleurs au Québec et qu’elles sont d’excellente qualité. Je trouve ça important qu’on soit fiers de ça, de notre expertise collective et de notre capacité à créer de la richesse avec nos ressources.
Parallèlement, Fouad souligne à grand trait que pour lui, une fleur est évidemment beaucoup plus qu’une simple marchandise. Il parle avec emphase de leur beauté inhérente, de leur qualité hautement symbolique et de leur impact bénéfique sur la santé mentale. Offrir ou s’acheter un bouquet, pour Fouad, c’est veiller à son bien-être.
Quand on a le privilège d’avoir des fleurs chez soi, on se rappelle quelque chose d’essentiel, de cyclique, dont on fait partie. Quand on fait entrer la nature dans notre maison, ça peut provoquer l’envie de la retrouver partout, et ultimement, d’en prendre soin.
Fouad Belabbas, fondateur des Jardins Belaflore
Avoir accès à la terre est une richesse incroyable dont on doit faire profiter les autres. Je trouve ça admirable que l’ancien propriétaire de la parcelle de l’Avant-Champ ait décidé de confier son terrain à une nouvelle génération d’agriculteurs.
Respecter le patrimoine
Fouad voue un profond respect au métier d’agriculteur et à l’histoire dont est chargé le paysage qu’il habite.
« Pour moi, c’est une filiation non pas de sang mais de métier, un relais transgénérationnel entre celles et ceux qui savent ce que c’est de valoriser la terre et d’en apprécier les fruits. » Il poursuit : « Avoir accès à la terre est une richesse incroyable dont on doit faire profiter les autres. Je trouve ça admirable que l’ancien propriétaire de la parcelle de l’Avant-Champ ait décidé de confier son terrain à une nouvelle génération d’agriculteurs. »
«C’est infiniment précieux de pouvoir reprendre un flambeau qui est passé par quelqu’un qu’on ne connaît pas mais qui est notre semblable, en fait. » Fouad ajoute en souriant : « Je respecte l’historique de la propriété : je recycle ce qu’on trouve sur les lieux, comme ces vieilles bouteilles de verre dénichées dans l’écurie que nous nous affairons à rénover en ce moment. J’en ai fait des vases pour mes fleurs et je pense aux personnes qui sont venues avant. »
Précieuse proximité
Fouad souligne que l’Avant-Champ bénéficie effectivement d’un emplacement privilégié, à quelques minutes de Montréal:
Les terres près de la ville, on les perd de plus en plus aux mains de toutes sortes de projets de développement. Ça constitue une entrave à l’intégrité des écosystèmes et un frein important à la création de circuits courts d’approvisionnement.
Il fait par ailleurs remarquer que plus l’éloignement des grands centres est important, plus les opportunités de commercialisation se complexifient, voire disparaissent. Il enchaîne : « Ici, on peut faire de l’agrotourisme, sortir et aller vendre dans des marchés publics, des fleuristes indépendants, etc. La proximité, ça compte. »
À preuve, sa première saison d’autocueillette est un succès. Fouad se réjouit de l’achalandage du dimanche, alors que des gens de tout acabit viennent construire des bouquets de fleurs coupées!
Il poursuit en rappelant à lui quelques souvenirs d’enfance, qu’il nous partage, l’air songeur…
L'aube d'une passion
« C’est drôle quand même… Tout petit, j’étais indifférent aux plantes ; je ne m’intéressais qu’aux animaux. Puis un jour, une stagiaire dans ma classe de troisième année m’a offert un petit pot de terre cuite contenant une pousse de tournesol en guise de cadeau de fin d’année. Ce geste m’a profondément touché et je suis tombé furieusement amoureux de mon petit pot. On m’offrait un être vivant dont je devais prendre soin. J’ai senti l’appel des fleurs. C’était tellement soudain et un peu magique… ajoute-t-il en riant. »
« Je ne me souviens plus de ce qui lui est arrivé, à mon très petit pot, mais je me rappelle distinctement que ça a fait germer en moi une grande passion », avoue Fouad, le sourire aux lèvres. « En 2023 à l’Avant-Champ, j’ai pu finalement semer sur mon lopin de terre un kilo de graines de tournesol récupéré de mes premières floraisons en 2021. Je me suis senti chez-moi. Je pense que mes tournesols et moi, on a un peu trouvé notre maison… »
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Fort de cette première saison prometteuse, Fouad continue son chemin et prévoit ouvrir de nouvelles planches de culture l’année prochaine. De quoi réjouir toutes les personnes amatrices de fleurs coupées de la région !
Pour suivre ses projets à venir et s'inscrire à l'autocueillette, vous pouvez suivre Les jardins Belaflore sur Instagram et Facebook.
Un premier évènement pour l’Avant-Champ!
Le tout premier évènement de l’Avant-Champ a eu lieu le 17 juin, sous un ciel radieux. Coorganisé avec le MAPAQ, cette journée «Tout pour la relève» nous a permis de mettre en relation une cohorte de personnes porteuses de projets en démarrage et des représentant.e.s des organismes ressources dans la région des Laurentides.
Le 17 juin 2025, l’Avant-Champ a tenu son tout premier évènement sous un ciel radieux : « Les essentiels pour la relève : services et outils pour démarrer en agriculture », présenté en collaboration avec le MAPAQ. Cette journée de réseautage et de conférences a débuté au champ avec la Caravane santé des sols pour ensuite réunir sous un même toit, une dizaine d’acteurs des Laurentides venus livrer aux membres de la relève agricole tous les outils nécessaires à la concrétisation de leur projet.
Les sujets de l’idéation et la création d’un plan d’affaires, de la production et la mise en marché en passant par l’accès à des d’outils de financement et de la gestion de la santé mentale au travail, entre autres enjeux essentiels, ont été couverts par une série d’ateliers et de présentations incroyablement riches et ciblés.
La journée, qui s’est déroulée sous le signe de la générosité, de la collaboration et de l’effervescence, a mis en relief tout le potentiel structurant de l’écosystème que nous avons le privilège d’habiter. Nous avons échangé, mis en commun des savoirs précieux et partagé un délicieux repas. Aussi et surtout, ce premier évènement à L’Avant-Champ nous aura permis de prendre le pouls des projets inspirants portés par la relève, qu’on espère voir s’implanter bientôt dans la région!
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Pour en savoir plus sur l’évènement et consulter l’album photo c’est par ici.

